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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 15:29

Un peu d'histoire

Si l'on compare avec l'abondance de documents concernant fondations et consécrations sur le continent (France ou Italie), on peut dire que les informations sont relativement pauvres à propos des églises romanes de Corse.
Les historiens et les guides se rabattent sur l'évocation de la « paix pisane »... qui n'explique pas grand chose! Dans la plupart de leurs édifices, les bâtisseurs insulaires ne semblent pas avoir subi une influence prépondérante de la part des colons italiens. Quant aux « bandes lombardes »... elles sont précisément lombardes, dit-on, et de toute façon se retrouvent presque partout sur le continent.
En ce qui concerne la statuaire, il faudrait peut-être rechercher dans des traditions, croyances, légendes bien antérieures, l'origine des thèmes et formes propre à l'art roman corse.

La Préhistoire
Peuplée depuis le X
e millénaire, par des tribus venant d'Italie et de Sardaigne, la Corse semble ensuite avoir été abandonnée.
Une nouvelle colonisation se produit au VIe millénaire, par des peuplades néolithiques dont le mode de vie est propre à tout le pourtour méditerranéen.
A partir du IVe millénaire, les premiers villages fortifiés apparaissent – les
castelli – protégés par des tours imposantes. On trouve une centaine de ces sites, surtout vers Porto-Vecchio et Sartène. La civilisation des mégalithes se développe alors en Corse jusque vers l'an 1000 av. J.-C.
Comme dans le reste de l'Europe, se succèdent le néolithique, les âges du cuivre (ou plutôt du chalcolithique), du bronze et du fer.
En ce qui concerne le travail de la pierre, on trouve notamment, dans le sud de l'île, les sites impressionnants de Filitosa (menhirs anthropomorphes), de Cucuruzzu et Capula (
castelli), de Palaggi (alignements de menhirs).

L'Antiquité
Vers 565 av. J.-C. arrivent les Grecs phocéens qui fondent Aléria. Les Carthaginois leur succèdent, puis les Romains qui mettent un siècle à conquérir l'île entière.
C'est alors la « paix romaine ». Il semble, en effet, qu'entre la fondation de Mariana par le consul Marius et les grandes invasions, la Corse ait connu une période de paix relative et même de bien-être matériel.
Les fouilles de Mariana, à côté de la Canonica, témoignent de l'existence de sites chrétiens dès les premiers siècles de notre ère.

Les Barbares et le Christianisme du Haut Moyen Age
Entre le V
e et le XIe siècles, la Corse est ravagée par les Vandales, les Ostrogoths, les Maures. Les côtes sont désertées et les autochtones se réfugient dans les montagnes. Est-ce à cette époque qu'il faut faire remonter la tradition de léguer, dans les héritages, les terres des montagnes aux hommes... et les terres, peu sûres et dévaluées, des zones côtières aux femmes, - ce qui a tourné récemment au très net avantage de celles-ci.
Malgré ces désolations, de nombreux monastères sont fondés, notamment à partir VI
e siècle sous le pontificat actif de Grégoire Ier le Grand. C'est sur son ordre que fut fondé le premier monastère de Corse.
Les abbayes des îles de l'archipel toscan de Monte-Cristo et de Gorgone (de part et d'autre de l'île d'Elbe) possédaient des prieurés en Corse et ont largement favorisé la construction d'églises.
« Ces religieux - dont le pape Grégoire le Grand précise dans ses lettres la mission (bâtir, baptiser, extirper le culte du bois et de la pierre) semblent avoir été fort proches du peuple insulaire, et au milieu de tant de désordres, l'avoir assisté de toutes les façons: religieusement, admnistrativement, judiciairement, voire matériellement.
On peut entrevoir maintenant que leur action sociale concernait même la surveillance de la navigation côtière, l'entretien des phares dans les îlots dangereux où quelques-uns de leurs frères devaient se relayer pour allumer des feux sur le haut des tours (ce doit être notamment le cas du prieuré de l'éperon San Benedetto qui barre l'entrée du golfe de Porto Vecchio), l'entretien des chemins muletiers, que bordent souvent au passage des gués et des cols, les modestes chapelles et maisons qui leur appartenaient et où ils accueillaient et réconfortaient les voyageurs.
Au VIIIe siècle, on devine que c'est eux qui ont assisté dans leur fuite vers le Latium, où le pape les accueille, les malheureuses populations victimes des destructions musulmanes; c'est eux encore - les légendes hagiographiques le prétendent - qui veillent à mettre en sûreté les reliques honorées dans les églises côtières qu'il faut déménager en toute hâte. » (Geneviève Moracchini-Mazel, Corse romane, Zodiaque, p. 23)
Ils restaurent les cathédrales. Ils construisent des piévanies (ou piévannies) où se tient le piévan représentant l'évêque et seul habilité à baptiser. Dans cette île montagneuse où les communications étaient si difficiles, périlleuses même en hiver, l'évêque se faisait ainsi représenter dans chaque vallée ou groupement de petites vallées. Intermédiaire entre la paroisse et le diocèse, la piève constituait la division religieuse ayant le plus de réalité, et la piévanie, en dehors des offices, servait aussi probablement de maison commune où l'on se réunissait pour discuter des affaires, pour rédiger et signer des actes.
Disputée entre Francs et Lombards, à la suite de la victoire des premiers, la Corse fut donnée au Saint-Siège (Etienne II pape) par Pépin le Bref en 754. La donation fut confirmée par son fils, Charlemagne, en 774 (Adrien Ier pape).
Pour l'anecdote, notons qu'il y eut un pape corse, Formose, d'abord évêque de Porto puis pape de 891 à 896. Mêlé à des intrigues purement politiques concernant les Carolingiens tardifs, il eut un destin posthume tragique. Un de ses successeurs, pour le juger, fit exhumer son corps. Ce fut le « Concile cadavérique ». Le corps du pape, revêtu des attributs de son ministère, fut assis sur le trône pontifical face à ses juges, - un curé désigné par le tribunal devant répondre à sa place. Une fois Formose condamné, son corps fut jeté dans une fosse commune, puis dans le Tibre, d'où il fut sorti par des pêcheurs qui l'enterrèrent chrétiennement... et secrètement. Un an après, un concile interdisait qu'on jugeât les morts!
Au XI
e siècle, Pise et Gênes, qui rivalisaient pour la possession de la Corse, s'entendirent pour expulser les Sarrasins de leurs bases de piratages qui depuis les rivages de l'île, menaçaient leur commerce maritime.

La domination pisane 1077 – 1284

Le Saint-Siège finit par confier la gestion de la Corse à la république de Pise.Mais les revendications des Génois persistèrent jusqu'en 1091; Urbain II chargeant alors Pise de se substituer aux légats pontificaux pour administrer l'île.
En 1133 Innocent III accorda à Pise l'autorité sur Aléria, Ajaccio et Sagone, - et à Gênes l'autorité sur Accia, Mariana et Saint-Florent.
Les Génois, qui ne s'avouaient pas vaincus, s'installèrent à Bonifacio en 1268 et fondèrent Calvi. Après que Pise eut perdu la bataille navale de Meloria, Gênes s'installa pour cinq siècles dans l'île... ce qui ne mit malgré tout pas fin aux conflits entre les deux cités. Mais là, nous sortons de la période romane...

CARACTERES DE L'ART ROMAN CORSE
*********

Le plan

Aucune église préromane ou romane de Corse n'est bâtie sur un plan cruciforme. Elle se présente comme un quadrilatère plus ou moins étiré et pourvu d'une abside en arc de cercle (pas nécessairement en demi-cercle). Il n'y a jamais d'absidioles.
Les dimensions sont modestes. La plus grande, Santa Maria Assunta de Mariana, à Lucciana, ne mesure que 33 mètres de longueur.

Elévation

Deux églises seulement présentent des bas-côtés : l'ancienne cathédrale de Mariana dont nous venons de parler, et Santa Maria Assunta, l'ancienne cathédrale du Nebbio, à Saint-Florent. On peut ajouter l'église préromane San Giovanni Battista, qui n'est plus qu'une ruine faute d'avoir été restaurée au XIX
e siècle lorsque c'était encore possible.
Toutes les autres églises et chapelles de la période qui nous retient, se présentent comme des parallélépipèdes à base rectangulaire, massifs, avec des baies rares et très étroites qui ressemblent davantage à des meurtrières qu'à des fenêtres. Sans doute fallait-il se garder du froid, du soleil... et de l'ennemi.
Mais l'austérité n'est pas une faute et encore moins un défaut. Le voyageur ne pourrait juger l'église romane corse en termes de sévérité, voire de raideur, que s'il avait le manque de goût de l'abstraire de son écrin précieux : la montagne, le maquis, le village... c'est-à-dire de la transporter hors de Corse! Chacune mise en relation avec son environnement propre régale l'esprit : le terme d'
harmonie s'impose.
Les murs sont renforcés par des pilastres et rarement par des colonnes engagées. Les trous de boulins sont la plupart du temps laissés libres et permettent une aération des édifices.

Les pierres et l'appareil

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 22:34

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Au travers de ce blog nous allons tentez de vous faire voyager aussi bien en france mais également à l'étranger

je compte sur vos nombreuse reactions

merci

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les voyages forment la jeunesse, dit-on, je n'en sais rien en tout cas ce blog consacré au voyage

Permettra, je l'espère de laisser libre à votre imagination

vous serez aussi bien dans un bateau corsaire, que dans des palais antiques des forteresses imprenables

Au côté de Gaston Phébus mais j'arrête cette description pour vous laisser vous noyer dans ces différentes époques

 

 

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